Senior Rôliste

Blog sur le JDR, la littérature fantastique, des portraits de rôlistes, par un rôliste français vivant au Japon

Chroniques de Night City: La Llorona III - Tu as ma parole

Episode précédent

Ils pansent leurs plaies au camp des nomades. La journée a été sanglante. 

Wrench est parti se reposer dans une tente. Comme à chaque fois, c'est lui qui s'est jeté au coeur de la mêlée. Et comme à chaque fois, il a saigné pour toute l'équipe.

La dernière expédition leur a permis d'obtenir une information clé. Ils savent désormais où se cachent potentiellement El Sombreron

Pendant que Pridourock joue un air de guitare doux et nocturne, Maya, avec Luis, se laissent absorber par le crépitement d'un feu.

Teresa approche d'eux, une bouteille de Tequila à la main.

- Luis, dit elle en regardant le netrunner dans les yeux

- Je t'avais promis de te dire tout ce que tu voulais savoir sur moi. Je crois que c'est le bon moment.

Elle lui tend la bouteille, que Luis saisit. Il avale une gorgée.

- C'est toi, Maria, n'est ce pas ?

Teresa détourne le regard, cherchant dans l'horizon ténébreux la meilleure réponse à fournir. 

- Il fut un temps où on me connaissait sous ce nom là. C'était avant...

Elle regarde Luis dans les yeux.

- Tu dois comprendre ça Luis. Vient un jour où on se dit qu'on a envie d'autre chose dans la vie. Et quand ce jour vient, alors on change tout, ce qu'on fait, son nom. On devient quelqu'un d'autre. On le fait pour faire table rase du passé et recommencer à zéro.

Luis écoute sans interruption.

- La vie d'avant. C'était avec mon frère, El Sombreron. On était les plus terrifiants assassins de la ville. Les bouchers qu'on nous appelait. On ne faisait qu'un mon frère et moi. On se comprenait sans se parler, on savait tout l'un de l'autre, on ne se cachait rien...

Elle prend une rasade de tequila, cherchant dans le feu de l'alcool de quoi libérer plus aisément ce passé lourd de plus de 30 ans.

- Un jour j'étais en partie en mission avec mes gars. On est tombé dans une embuscade. Ils étaient vraiment trop nombreux. Tout le monde y est resté. J'ai pris de mauvaises balles qui m'ont pulvérisé le bras, sectionné, littéralement. J'ai rampé avec tout ce qui me restait de force jusqu'à me mettre en lieu sûr. Et puis...pour faire court, j'ai trouvé Aarno, on est parti dans le désert, on a eu Oriana. Et c'est là que le passé revient me hanter.

Luis laisse son regard se perdre quelques instants dans les flammes, comme s'il y retrouvait l'écho d'un passé, lui aussi lourd et profondément enfoui.

Teresa rompt le silence.

- Maintenant Luis... ce que je vais te demander t'es pas obligé de l'accepter.

Elle marque une pause.

-Ce qui me reste à faire maintenant, c'est une vengeance personnelle. Et je sais que, seule, j'en sortirais pas vivante...Mais peut être qu'avec toi et ta bande, j'aurai une chance.

Elle se lève et s'approche du netrunner.

- Est ce que tu viendrais m'aider, Luis ?

Luis se lève. Tous deux se fixent sans détour. Dans les yeux de Teresa brûle une détermination aussi froide qu'implacable.

- On va t'aider Teresa.

Il marque un léger silence.

- Tu as ma parole.

Teresa lui met la main sur l'épaule, sans doute émue.

- Merci Luis...Je...J'oublierais jamais ça...Toi aussi tu as ma parole.

Luis acquiese.

- Quand le temps viendra Teresa. Je te demanderais un service.

Il soutient son regard.

- Un seul. Mais ça sera pour bien plus tard.

 

***

Accompagnant Alina et Teresa dans leur véhicule, Luis ouvre la route.

Derrière eux, Maya suit au volant du SUV, tandis que Wrench et Pridourock ferment la marche à bord de la camionnette du nomade.

Tous mettent le cap sur le Glen, où El Sombreron résiderait, selon les informations de feu Cormak.

Le quartier n'est qu'une succesion de maisons en préfabriqués aux toits de tôle.

Une zone de non-droit, où les caméras de surveillance ont été arrachées, et où les habitations s'agglutinent sous les piliers de l'autoroute.

L’adresse conduit les Edgerunners devant une vaste bâtisse préfabriquée d’une quarantaine de mètres de long.

Un bar.

Sans doute tenu par une faction de Valentinos évoluant en dehors de la sphère d’influence d’Ortega.

L'entrée, faisant l'angle, est couverte par une caméra.

Luis la pirate à distance et prend rapidement le contrôle du réseau, composé de trois caméras dont deux donnant sur l'intérieur.

La première révèle une vaste salle aménagée comme un bar classique, avec ses tables, ses chaises et son long comptoir.

Trois hommes y sont attablés. Des gangsters Valentinos.

La deuxième semble dissimulée sous la table basse d'un salon aux fauteuils de velours.

Une salle privative.

Pour des affaires...privées.

Maya et Wrench les informent qu'ils tentent une infiltration discrète par derrière.

Se tournant vers Teresa, Luis lui explique le plan.

- Moi et Pridourock on entre par devant. On se fait passer pour des clients et on les occupe. Pendant ce temps, Wrench et Maya entreront discrètement par derrière pour explorer les lieux.

Teresa hausse les épaules.

- D'accord Luis, on fait comme tu dis. Mais fais pas trop traîner les choses. Ce salaud est à moi...et je sais pas combien de temps je vais réussir à rester calme.

Luis esquisse un léger sourire.

- Tranquila,Teresa. 

Il pose une main sur son épaule.

- Je te donnerais le signal quand le moment sera venu.

Luis et Pridourock entrent nonchalamment dans le bar.

Les trois hommes présents se lèvent, toisant les nouveaux venus.

Manches retroussées pour bien mettre en évidence ses tatouages de Valentino, Luis ouvre la marche.

- Hola hermanos. J'ai tellement entendu parler de cet endroit qu'enfin je peux en faire l'expérience. Tequila pour moi et... pour mon ami!

Pridourock renchérit aussitôt.

- Oui! Pridourock avoir soif ! Pridourock vouloir Tequila, da! Avec bon ami a moi! Apporte Tequila pour Pridourock !

Le plus jeune des Valentinos s'approche d'eux, manifestement contrarié.

- C'est fermé. On ne sert plus. Allez, ouste. Du vent.

Luis ne se démonte pas.

- Vamos Hermano... Tu vas quand même pas me dire qu'on a fait tout ce chemin pour rien ? Allez, une tequila pour moi et mon ami.

Le Valentino tape du pied avant de répondre d'un ton toujours aussi hostile:

- Déjà, y a pas d'hermanos entre toi et moi, hombre. Et tu veux boire de la tequila ? Très bien. Combien de bouteilles?  Ici, on sert à la bouteille.

Le rocker russe saute sur l'occasion.

- Oui, bouteille pour lui et... une bouteille pour Pridourock!

Quelques instants plus tard, deux bouteilles sont déposées sur la table.

- Voilà deux tequilas. Maintenant, vous dégagez. J'ai dit que c'était fermé.

Luis ignore complètement la menace à peine voilée dans la voix du gangster.

- Attends, hermano... tu nous sers une téquila...pour nous dire ensuite d'aller la boire dehors ? Laisse nous donc profiter de l'endroit et de cette tequila qui a l'air si bonne.

Le gangster regarde ses camarades qui, accoudés au comptoir, n'ont pas l'air de se soucier de ses problèmes.

- Ok...si, bueno. Dix minutes, vous buvez ici. Et après je veux plus vous voir. C'est clair ?

Luis sourit

- Trente minutes, hermano.

Il désigne les bouteilles d'un geste de la main.

- Un peu de savoir vivre entre Valentinos...On prend soin de la famille, pas vrai ?

Le Valentino ne cache plus son exaspération.

- La famille ? Toi et moi on se connaît ? T'es qui ?

- Je suis Luis, et toi tu es qui ?

- Luis quoi ? Je te connais pas. Et tu me connais pas non plus. Alors tu viens faire quoi ici avec ton pote ?

Le sourire de Luis s'efface.

- Hombre...je t'ai demandé ton nom, tu m'as pas répondu.

- Non hombre, moi je t'ai demandé ton nom et t'as pas répondu.

- Je t'ai dit que je m'appelais Luis.

- Luis quoi ? Luis qui ? hein ?

Luis penche légèrement la tête.

- Donne moi ton prénom...et on pourra apprendre à se connaître pas à pas. 

Il tourne lentement la tête vers Pridourock, puis revient sur le Valentino.

- Et tu nous déranges, là. On était venu déguster une téquila tranquilos. Puisqu'on a trente minutes... si c'est pour les passer à nous les briser...

Il esquisse un sourire.

- Je pense que le mieux serait que tu retournes au bar avec tes potes.

Le valentino sort de sa réserve.

- Très bien hombre, tu bois ta téquila, et dans 30 minutes si je te vois encore ici avec ton pote...

Il désigne la bouteille d'un signe de tête.

- Je te l'explose sur la gueule.

Il s'apprête à tourner les talons.

La bouteille de téquila éclate soudain sur l'arrière de son crâne.

Tout se précipite.

Les deux Valentinos restés au comptoir se retourne.

L'un d'eux se précipite sur le côté, dégainant un révolver.

Le jeune Valentino, surpris par l'attaque se jette Luis pour le saisir à la gorge, mais Luis esquive.

À ses côtés, Pridourock dégaine lentement son fusil à canon scié. Il attend de voir si les armes vont parler.

- Très mauvais service dans ce bar! Pridourock pas content!

Un premier coup de feu éclate.

La balle frôle Luis, lui arrachant un filet de sang.

Pridourock riposte aussitôt.

Le grondement de son fusil à canon scié résonne dans toute la salle… et bien au-delà.

Le gangster reçoit la décharge en pleine épaule. Sa chair éclate.

Son bras pend lamentablement, réduit en lambeaux.

Un autre Valentino se rue alors sur Pridourock, une barre à mine brandie au-dessus de la tête.

Teresa surgit à son tour dans le bar.

Elle décharge son fusil, à bout portant, sur l'un des gangsters.

Son corps est projeté en arrière dans une gerbe de sang et de chair.

Tentant en vain de pirater le système du jeune Valentino, Luis voit ce dernier prendre la fuite en hurlant :

— Ils sont là ! Elle est là !

Des renforts sont à craindre.

Le jeune Valentino atteint une porte au fond de la salle.

Il l’ouvre…pour se retrouver nez à nez avec Wrench, couvert de sang.

Le gangster se fige un instant.

Une hésitation fatale.

Wrench abat l’un de ses bras-gorilles en pleine poitrine.

L’impact est si violent que le Valentino est projeté contre le portemanteau fixé au mur, où il reste littéralement encastré.

Maya surgit à son tour, sa mantis blade dégoulinante de sang.

Pridourock décharge son fusil sur le Valentino armé de la barre à mine.

Le coup part avec une telle puissance… qu’il lui arrache la tête.

Son corps reste debout quelques secondes.

Puis il s’effondre mollement.

Teresa, aux prises avec un Valentino plus coriace que le reste, s'acharne sur le gonk.

Monté sur ses épaules, elle tente de lui arracher les yeux.

Mais il résiste.

Luis pirate alors le système du gangster.

Ses implants montent brutalement en température.

Une flamme jaillit de ses yeux… puis de sa bouche.

Le Valentino s’effondre.

Et tandis que trois autres Valentinos pénètrent dans la salle, jonchée de tripes, de sang et de chair en bouillie, tous reconnaissent leur cible.

El Sombreron.

Vêtu de son éternel chapeau sombre, le visage défiguré, la moitié gauche de sa face arrachée, laissant apparaître une rangée de dents à nu.

Il est parmi eux.

Wrench, occupé à maintenir une Valentina, est sa première cible.

Frappant de son couteau au manche doré, El Sombreron frappe avec une précision, mortelle et chirurgicale.

Wrench encaisse, mais il est en difficulté.

Pridourock, à bonne distance, met en joue le vieux sicaire.

Son tir fait mouche, au point d'arracher le bras droit de l'assassin, qui explose en un amas de chair, d'os et de chrome.

Luis pirate son système.

Ce dernier ne semble pourtant pas s'en soucier.

Il entend le cri de Teresa qui l'appelle.

Faisant fi de toutes précautions, il se jette sur elle.

Un combat meurtrier et fratricide s'engage.

El Sombreron frappe Teresa en pleine poitrine de son poignard.

Les cris de douleur de Teresa dénotent de la puissance du coup.

Elle réplique par un tir de fusil à bout portant.

Du sang éclate en gerbe.

Luis fait monter la température des implants du Sombreron.

La fumée s'échappe de ses oreilles. 

Il recule, rebrousse chemin, tente de prendre la fuite.

Mais Wrench l'attend.

Laissant tomber la Valentina dont il a brisé la nuque, il lance son poing sur le visage du Sombreron.

L'impact le propulse en arrière.

Il perd pied.

Son visage vient s'encaster contre l'angle du bar.

Il ne bouge plus.

El Sombreron est mort.

***

Un calme soudain envahit les lieux.

Les corps inertes des Valentinos jonchent le bar. Quelques instants plus tôt, l’endroit résonnait encore des coups de feu, des cris et des détonations.

Désormais, seul le silence subsiste.

Luis s'approche du corps d'El Sombreron.

Il prend une photographie avec son holocom du cadavre.

Peut être qu'Ortega saura quoi faire de cette information, songe-t-il.

Maya et Teresa partent explorer un escalier menant au sous-sol, pendant que les autres fouillent le bureau et les autres pièces, à la recherche d'indices susceptibles d'expliquer toute cette affaire.

Un cri retentit du sous-sol.

Teresa.

Luis, Wrench et Pridourock se précipitent en bas.

Dans une salle aux néons bleus, un cercueil de verre.

A l'intérieur repose le corps d'Oriana.

Teresa est effondrée au pied du cercueil, caressant doucement le visage bleui de sa fille.

Les Edgerunners échangent un regard.

Sans un mot, ils remontent à l’étage.

Ils laissent à cette mère l’intimité de ses larmes.

Le temps de pleurer sa fille.

Quelques instants plus tard, Alina la rejoint.

Elle aussi s’effondre, laissant enfin toute sa tristesse s’échapper.

Quelques minutes plus tard, Teresa les rejoint et demande à Wrench d'amener le corps de sa fille dans sa camionnette.

- J'aimerais la ramener au camp auprès de sa fille, sa famille...

Sa voix vacille un instant

- Et lui donner des funérailles dignes.

Wrench acquiesce sans hésiter.

- Bien sûr Teresa. Je vais t'aider.

***

Arrivé au mobile home, le soleil darde ses premiers rayons dans le ciel. Aarno, éveillé par leur arrivée, les accueille au pas de l'entrée.

Teresa le rejoint. Des mots sont dits. Un cri. Des larmes. Aarno se précipite vers la camionnette.

Wrench s’apprête à sortir le cercueil, mais Teresa lui saisit doucement le bras.

- Pas maintenant, Wrench…

Sa voix vacille.

- Je… je ne veux pas que sa fille la voie comme ça.

Wrench hoche simplement la tête.

En retrait, une bouteille de tequila à la main, Luis observe le drame qui se joue.

Quelques instants plus tard, Aarno retourne dans le mobile home et s’en prend violemment à Alina.

- Tout ça, c’est ta faute ! C’est toi qui l’as entraînée dans toute cette merde ! C’est toi qui l’as encouragée à devenir edgerunner…

Sa voix se brise sous l’émotion.

- Putain de cyberpunks… Tout ça pour quoi ? Quel genre de vie vous menez à risquer votre peau pour quelques eddies ? Des putains de parasites… Voilà ce que vous êtes !

Luis intervient avec un calme presque déroutant.

Hombre, va doucement sur les edgerunners…

Il désigne la camionnette d’un léger mouvement de tête.

- On t’a ramené ta fille… et on a buté celui qui lui a fait la peau.

Il marque une courte pause.

- Ne l’oublie pas.

Décontenancé, Aarno semble mesurer la portée de ses paroles.

- Je… oui, je sais…

Il baisse la tête.

- Je suis désolé. C’est juste… trop d’émotions d’un coup. Je ne sais plus quoi faire… ni même quoi penser…

Son regard se tourne vers la camionnette de Wrench, où repose le cercueil de sa fille.

- Si elle avait étudié davantage… Si elle avait trouvé un travail dans une bonne corporation…

Sa voix se brise de nouveau.

- Elle aurait eu un avenir…

Les larmes roulent sur ses joues.

- Elle serait encore en vie.

Submergé, Aarno s'éloigne. 

Il baisse les yeux vers la bouteille de tequila qu’il tient encore à la main. Une rasade ferait sans doute du bien à ce père brisé.

Il se rapproche, accompagné de Wrench.

Aarno se retourne.

Dans un geste précipité, il referme un téléphone portable qu'il vient manifestement d'utiliser.

Wrench fronce les sourcils.

- Qui t'a appelé ?

Aarno détourne le regard.

- J'ai fait... ce que j'aurais dû faire depuis longtemps.

Luis et Wrench échangent un regard.

- Faire quoi, Aarno?  insiste Luis.

Aarno secoue la tête, cherchant ses mots.

- Cette histoire de pension qu'Oriana me versait soi disant...

Il inspire profondément.

- Tout ça c'était des conneries. Cette pension c'est toujours Militech qui me l'a payé. J'ai toujours été loyal à Militech et je sais qu'ils le seront avec moi aussi.

Une pensée glaciale traverse aussitôt l'esprit de Luis.

Il s'avance d'un pas et saisit Aarno par le col.

- Qu'est ce que t'as foutu Aarno, parle immédiatement.

Son regard se durcit.

- Parle. Parle tout de suite... Parle, bordel...

Un bruit l'interrompt.

Un  moteur. 

Puis un autre.

Puis plusieurs.

Des AV.

Quatre appareils de Militech descendent déjà vers le camp.

C'est trop tard. Trop de soldats. 

Ils ne peuvent rien faire.

Luis comprend.

Aarno a vendu Alina.

Il rejoint le mobile home. Les soldats sont bientôt sur lui. Armes en joue pointées sur eux tous.

Il lève les mains.

Il interpelle le soldat qui s'approche de lui.

- Vous êtes là pour Alina.

- Et tu la connais Alina hein ? Où elle est ? A l'intérieur ? Bouge toi de là.

- J'ai des informations qui pourront vous intéresser.

Le soldat semble déjà oublier la présence de Luis, concentré sur sa cible principale.

- Des données biométriques. David Martinez. Le Sandevistan, ça vous parle ? J'ai ses données. Je veux parler à votre officier.

Le soldat s'arrête net. Il dévisage Luis.

- Bon, on l'embarque lui aussi.

Deux soldats viennent l'encadrer pour l'emmener dans l'AV. 

Derrière lui, il entend les cris d'Alina, elle aussi saisie.

Un officier se plante devant Luis.

- Alors comme ça, on a des informations à partager avec Militech ? 

- Les données biométriques de David Martinez...en échange de relâcher et de laisser la vie sauve à Alina.

L'officier, bien que son visage soit dissimulé derrière son casque, est pris d'un rire léger.

- On va voir ça au quartier général, là on va pouvoir discuter de tout ça.

Alina et Luis sont installés dans les AV qui prennent leur envol. 

Le sas de l'AV se referme.

Luis prépare un message à destination d’Ortega.

La photographie du corps d’El Sombrerón est déjà en pièce jointe.

El Sombrerón n’est plus un problème. Il y a désormais un territoire qui ne demande qu’à être repris.

Il envoie.

Rien.

Le signal est bloqué par la coque blindée de l’AV.

 

Ce scénario nous a été mené par Joël Thomas, inspiré du comics "You have my word" de  Bartosz Sztybor, Jesus Hervas et Giulia Brusco.

Bien sûr, les événements ont pris une direction bien différente de celle du récit original. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté du jeu de rôle! Au fil de cette campagne, le mantra qui donne son titre au comics - que nous ne connaissions pas - est devenu le véritable mot d’ordre des personnages : une promesse n’a de valeur que si elle est tenue.

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