Senior Rôliste

Blog sur le JDR, la littérature fantastique, des portraits de rôlistes, par un rôliste français vivant au Japon

Chroniques du Gévaudan V: Le goût de la proie

Episode précédent:L'odeur de la proie

AVERTISSEMENT: CONTENU SENSIBLE TRAITANT DE VIOLENCE, MORT,  SEXUALITE, AMBIANCE SOMBRE/THRILLER

Dans l’après-midi, Nicolas réveille Emmanuelle à 15 heures pour lui proposer d’aller voir un festival, après avoir passé une bonne partie de la journée à couper, virilement, des bûches pour le feu, quelque peu émoustillé par le décolleté plongeant de la jeune femme.

Celle-ci prend son réveil intempestif pour une tentative de drague et lui propose, de but en blanc, de coucher avec elle dans sa chambre, ce qu’il accepte sans broncher.

Deux heures plus tard, Nicolas emmène Emmanuelle boire un verre dans un village voisin.

Profitant de leur absence, Laurent fouille la chambre de celle-ci. Il y trouve plusieurs clés USB ainsi qu’un carnet de croquis dont les pages contiennent des portraits de femmes effrayées ou en pleurs.

Sur la dernière page, il découvre le portrait de la disparue annoncée aux informations.

En sortant de la chambre, il tombe nez à nez avec Frédéric Ustache, qui le fixe dans le couloir. Laurent prétend faire la chambre et demande à Frédéric s’il a besoin qu’il s’occupe également de la sienne.

Ce dernier répond par la négative et se plaint d’avoir entendu du bruit. Laurent lui sert alors une histoire invraisemblable à propos d’abeilles et de moisissures avant de prendre congé et de rejoindre Roméo.

Les clés USB sont cryptées et demeurent inaccessibles. Mais il n'y a plus de place pour le doute. Laurent envoie un message à Nicolas pour le prévenir qu’Emmanuelle est probablement impliquée dans la disparition de la jeune femme.

Dans un troquet, Nicolas termine son verre et propose de ramener Emmanuelle au gîte. Revenant des toilettes, celle-ci lui demande s’ils peuvent aller faire un tour en forêt, ayant toujours rêvé de « se faire sauter dans la neige, au milieu des bois », ce à quoi Nicolas refuse poliment.

Après avoir regardé son téléphone portable, Emmanuelle sort soudainement son couteau et lui ordonne de s’arrêter. Nicolas pile brusquement, déstabilisant la jeune femme, puis sort de la voiture. Emmanuelle l’imite, le poignard toujours à la main.

Tes amis sont de petits fouineurs. Ils en savent trop, et toi aussi. Dommage, j’avais bien aimé notre petit moment ensemble… Mais t’imaginais-tu vraiment que j’étais seule ?

Puis elle se lance dans la description des derniers instants de sa précédente victime, fascinée par la peur qu’elle a lue dans ses yeux lorsqu’elle a compris qu’elle allait mourir. Son récit est macabre et dérangeant.

Elle frappe Nicolas et le blesse. À la vue de son propre sang, celui-ci laisse le loup prendre le contrôle. La transformation est instantanée.

Sous les yeux éberlués d’Emmanuelle, la créature surgit. La tueuse recule et tente de prendre la fuite.

Mais le loup, désormais entièrement maître de lui-même, se jette sur elle, saisit sa nuque entre ses crocs et serre jusqu’à entendre un craquement.

Emmanuelle se débat vainement.

Puis plus rien.

Dans la nuit, l’écho d’un hurlement de loup résonne jusqu’au gîte.

Roméo se fige.

Il connaît ce cri.

Nicolas vient de tuer une proie

***

Roméo prend la voiture pour tâcher de retrouver Nicolas, dont le hurlement a résonné dans toute la montagne noire endormie, pendant que Laurent veille au gîte.

Sur la route, il tombe sur la voiture de Nicolas, moteur tournant et phares allumés. Le corps d’Emmanuelle gît sur le bitume, baignant dans une large flaque de sang. À proximité se trouvent un couteau de chasse et un téléphone portable. Le visage de la victime a été horriblement arraché, probablement dévoré. Mais aucune trace de Nicolas, dont les vêtements déchirés se trouvent dans la voiture, certains morceaux étant éparpillés autour du véhicule.

Réfléchissant dans l’urgence à la marche à suivre, il est interrompu par l’arrivée impromptue d’une voiture de la gendarmerie. À son bord se trouvent Roland et Michel, que Roméo connaît bien. Découvrant, horrifiés, la scène, ils appellent des renforts ainsi qu’une équipe médicale et la police scientifique.

Roméo leur bafouille une histoire suffisamment convaincante pour leur faire envisager une attaque d’ours ou de loup, quoique le premier ne soit normalement pas présent dans la région. Reste à retrouver Nicolas, qui est sans doute seul et nu dans le froid glacial de la forêt.

Pendant ce temps-là, au gîte, Laurent appelle Laure pour glaner des informations. Déjà couchée, elle répond n’être au courant de rien, mais se montre suffisamment intriguée pour décider d’aller voir par elle-même.

Roméo participe à une battue improvisée avec les gendarmes. Flairant sans difficulté la piste de Nicolas, il joue le Parisien perdu dans les bois afin de ralentir les recherches. Finalement, lassés et transis de froid, les gendarmes renoncent à pousser plus loin leurs investigations, en dépit de plusieurs traces animales repérées dans la neige.

Laure rejoint le barrage et rentre au gîte avec Roméo.

Entre-temps, Nicolas regagne le gîte et raconte à Laurent ce qui est arrivé. Ils sont bientôt rejoints par Roméo, puis par Laure, à qui ils révèlent tout ce qu’ils savent ainsi que le danger représenté par un potentiel complice d’Emmanuelle logeant encore ici.

Face aux contraintes de la loi limitant son champ d’action, Laure propose de se mettre en embuscade et de surveiller le suspect pendant la nuit afin de voir s’il tente de communiquer avec Emmanuelle. Laure et Laurent se postent dans la chambre voisine de celle-ci et attendent, pendant que Nicolas et Roméo partent se coucher normalement, l’oreille restant à l’affût.

Quelque temps plus tard, Laure profite d’un passage aux toilettes pour surprendre Frédéric Ustache en train de frapper à la porte de la chambre d’Emmanuelle. Jouant le rôle d’une cliente pensant qu’il attend son tour, elle s’excuse et lui dit que la place est désormais libre. Frédéric marmonne un merci gêné, vraisemblablement contrarié d’avoir été surpris.

Elle retrouve Laurent dans la chambre et tous deux devisent sur la marche à suivre. Puis quelqu’un frappe à la porte.

Laurent ouvre et tombe nez à nez avec un Frédéric au regard implacable qui, après un bref instant de surprise, plaque un taser contre son ventre. Pris de spasmes, Laurent s’effondre.

Laure dégaine son arme et crie :

Gendarmerie nationale ! Ne bougez plus !

Frédéric prend la fuite.

Laurent, secoué et à terre, est enjambé par Laure qui se lance à la poursuite de l’agresseur.

Un bruit de cavalcade retentit dans le couloir puis dans les escaliers, suivi d’une chute violente et d’un cri de Laure qui alertent Nicolas et Roméo. Ils se ruent dans la salle à manger.

Laurent reprend ses esprits et se retrouve, avec ses deux compagnons, face à Frédéric, qui tient Laure en otage, le tranchant d’un large couteau posé sur sa gorge.

Roméo tente d’apaiser le désormais clairement identifié tueur, mais celui-ci ne lâche rien, soutenant le regard des trois neuris, totalement assuré de pouvoir s’en sortir face à la peur primale des gens comme eux.

Agité, Laurent demande à Frédéric s’il veut mourir. L’autre répond que Laure y passerait s’il faisait une bêtise. Laurent insiste et semble vouloir lui laisser le choix : la laisser tranquille ou mourir.

Face à cette impasse, Laurent siffle et les chiens-loups passent à l’attaque dans le dos de Frédéric, qui est pris par surprise. Laure en profite pour lui donner un coup de coude et se libérer. Frédéric lui assène un coup de couteau qui lui taillade le visage et l’arête du nez. Laure s’effondre dans un cri.

À la vue de son sang, la bête prend le dessus chez Laurent, qui se jette sur Frédéric et le roue de coups tandis que les chiens mordent le tueur des deux côtés.

Il parvient néanmoins à se dégager en envoyant un violent coup de pied au visage de Laurent et en infligeant une profonde estafilade à l’un des chiens-loups.

Roméo tire une première fois mais vise à côté, pulvérisant au passage le pot de fleurs de sa vieille tante Géraldine.

La mêlée devient confuse et Frédéric semble être devenu complètement sauvage, se défendant à coups de couteau rapides pour tenir Laurent à distance.

Des coups de feu résonnent derrière eux.

Laure, dans un dernier sursaut d’adrénaline, vide le chargeur de son arme de service sur le tueur, qui s’effondre lourdement sur le sol.

Tremblante, Laure perd l'équilibre à son tour, rattrapée par Nicolas puis récupérée par Laurent, qui la serre dans ses bras. Elle sanglote avant de perdre connaissance.

Ayant appelé le 17, les compagnons voient bientôt plusieurs véhicules de gendarmerie converger vers le gîte, désormais balisé par les enquêteurs et la police scientifique.

Le corps de Frédéric est emmené, ainsi que ses affaires et celles d’Emmanuelle.

Soignée par un médecin, Laure se fait administrer un calmant qui la maintient endormie pendant plusieurs heures.

Après avoir recueilli les témoignages des propriétaires du gîte, les gendarmes semblent trouver dans tout ce qui s’est passé un début d’explication aux disparitions et meurtres récents de jeunes femmes.

Nicolas et les autres ne sont pas inquiétés et c’est aux lueurs du petit matin que le gîte retrouve enfin un semblant de calme.

Ayant été témoin des événements de la nuit, Étienne Loretta, choqué, prend congé du gîte et annonce retourner chez lui, non sans remercier ses hôtes pour leur hospitalité, malgré ce dernier jour qui s’est achevé en cauchemar.

Laurent emmène Laure dans sa chambre pour la laisser se reposer. Durant un bref instant d’éveil, elle s’accroche à son bras avant de se rendormir.

À la fin de la journée, le caporal-chef Roland vient leur faire part des premières découvertes issues de l’analyse sommaire des affaires des deux tueurs.

Il s’avère que tous deux faisaient partie d’une sorte de club sur le darknet dont le « jeu » consiste à filmer la plus « belle » mort possible de victimes choisies selon des règles encore inconnues.

Le matériel de Frédéric contenait, en outre, une cinquantaine de vidéos terrifiantes de personnes assassinées en direct, puis diffusées sur le darknet afin d’y être revendues à prix d’or.

Pour marquer la fin de cette histoire, une demi-douzaine de verres de prune sont vidées. Roland annonce également que l’enquête a été reprise par la Police Judiciaire de Paris et qu’un enquêteur viendra sans doute leur rendre visite.

Il est alors interrompu par son collègue, qui lui annonce qu’un autre corps vient d’être retrouvé plus au sud.

Roland, livide, prend congé des compagnons.

Roméo appelle alors le maire Larouturoux pour en savoir plus sur la découverte de cette nouvelle victime. Ce dernier lui confirme que le corps a été retrouvé il y a une heure et qu’un silence a été imposé afin d’éviter de provoquer une panique générale.

Il apparaît qu’en définitive, un autre tueur court toujours…

Le lendemain matin, la tranquillité enfin retrouvée des compagnons est interrompue par l’arrivée d’un officier de la Police Judiciaire qui se présente sous le nom de Pascal Cournac

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