Senior Rôliste

Blog sur le JDR, la littérature fantastique, des portraits de rôlistes, par un rôliste français vivant au Japon

Chroniques de Night City: La Llorona II

Episode précédent

Le visage écrasé sur le capot brûlant de la voiture, un flingue sur la tête, Alina ne réalise pas, ne comprend pas. Elle se débat et se libère de la poigne de Luis, qui la met aussitôt en joue.

— Mais c’est quoi ton putain de problème, Luis ? T’es complètement taré ! Qu’est-ce qui te prend ? hurle-t-elle.

— Fini de te foutre de notre gueule, Alina. C’est quoi ta relation avec l’abuela ? T’es qui dans cette histoire ? Qui me dit que tu nous mènes pas en bateau pour qu’on fasse ton sale boulot ?

Alina en reste bouche bée.

— La période d’essai est terminée. Fini de travailler gratuitement pour toi et Teresa. Va falloir ouvrir le porte-monnaie si tu veux qu’on reste.

Pridourock, resté aux côtés de Luis, balance alors son poing dans la figure d’Alina, lui brisant le nez dans un craquement sec. Elle s’effondre sous le choc, prise de hoquets, le sang dégoulinant de son visage.

L’atmosphère, déjà électrique, menace de basculer.

C’est à ce moment que Teresa, couverte de sang, arrive.

D’une voix ferme, elle lance :

— Tout le monde se calme, maintenant !

Derrière elle, un Wrench blessé et de fort méchante humeur découvre la scène. Sans chercher à comprendre, il contourne Alina et la saisit brutalement par le cou, la soulevant presque du sol.

— Marre de tes conneries ! Tu vas nous dire ce qu’on veut savoir, MAINTENANT !

Alina pousse un cri de surprise et tente de se dégager.

— Lâche-moi ! Putain, mais lâche-moi !

Au milieu de ce chaos naissant, où la tension commence à monter dangereusement, le timbre de Teresa change.

— Laissez-la à terre.

Puis, se tournant vers Luis :

— Luis, on va discuter. Au calme. D’accord ?

Luis, vexé d’avoir perdu le contrôle de la situation, se tourne vers Teresa.

— Teresa, avec tout mon respect, on la connaît pas, cette fille. Est-ce que tu lui fais confiance ?

— Non, Luis. Je te l’ai déjà dit. Je ne fais confiance à personne… Mais c’est la dernière personne qui était la plus proche de ma fille.

Luis se tourne vers Alina, l’air mauvais.

— Proche comment ? C’était qui, Oriana, pour toi ?

Alina lève vers lui un regard où les larmes se mêlent au sang de son visage.

— Oriana et moi… on faisait qu’un.

Luis lève les yeux au ciel.

— Putain de merde…, dit-il en rangeant son flingue.

Wrench s’approche alors de Teresa.

— Ce qui s’est passé là, dans la gym… Je veux plus que tu nous fasses ce coup-là sans nous en parler avant. Ce qui est arrivé là, c’est vraiment pas cool.

Teresa soutient le regard de la brute sans fléchir.

— T’as raison, Wrench. J’ai pas assuré sur ce coup-là… Mais j’ai perdu ma fille à cause d’enfoirés comme lui. Il a eu ce qu’il méritait et je le referais sans hésiter.

Descendue de son toit, Maya rejoint l’équipe, qui décide à l’unanimité qu’il y a plus urgent : se faire des eddies en retrouvant les voitures équipées des traqueurs.

Teresa et Alina se séparent des Edgerunners, le temps d’apaiser des tensions qui, quelques minutes plus tôt, auraient pu conduire à une fin funeste pour la jeune femme.

Muni de son traqueur, Luis retrouve aisément la position des SUV Chevillon. Les trois véhicules semblent garés au même endroit, dans un quartier à l’ouest de Corpo Plaza.

Un quartier plutôt huppé. Aisé.

Les Edgerunners se rendent sur place sans demander leur reste, mettant le cap sur un immeuble résidentiel où les véhicules se trouvent.

Après les fusillades, les menaces de mort et le massacre de Kayle par Teresa, la perspective de gagner enfin quelques eddies met tout le monde d’accord.

Même Pridourock.

Pour une fois.

Wrench crée une diversion en bloquant son véhicule devant la porte du garage, ce qui permet à Maya de s’y infiltrer.

Errant dans les couloirs du parking géant, elle finit par retrouver les véhicules.

Rejointe par Pridourock et Luis, ce dernier tente de pirater les SUV. Mais la sécurité est corsée et le moindre faux pas risque de rameuter une escouade de sécurité.

Un des véhicules est néanmoins désamorcé… et ils peuvent s’en emparer sans être inquiétés.

Luis pirate ensuite la porte du garage, permettant au SUV de quitter les lieux sans encombre.

Accompagnés de Wrench et de sa camionnette, ils mettent le cap sur Northside et activent leur réseau.

Mais ni les fixers ni les nomades ne souhaitent racheter le véhicule, craignant les représailles de son propriétaire, qui n’a toujours pas été identifié.

Soudain, Maya, qui fait le guet, aperçoit les deux véhicules laissés au garage arriver à grande vitesse, accompagnés d’un troisième.

Leurs intentions ne laissant guère de place au doute, Wrench démarre sa camionnette en trombe, suivi de Maya au volant du SUV.

Une violente course-poursuite se déclenche dans les rues de Night City.

D’abord concentrés sur le véhicule volé, les assaillants tentent de le ralentir en l’encerclant.

Luis ouvre le feu sur l’un des véhicules poursuivants. Son tir fait exploser un pneu.

Le conducteur en perd immédiatement le contrôle et la voiture dévie brutalement avant de venir s’écraser sur le bas-côté.

Tandis que Wrench tente d’écarter les deux autres poursuivants du véhicule volé, il force l’un d’eux à effectuer un spectaculaire tête-à-queue.

Les coups de feu fusent.

De part et d’autre.

Wrench se retrouve isolé en arrière tandis que Maya écrase l’accélérateur pour mettre de la distance entre elle et ses poursuivants.

Après quelques centaines de mètres, ne voyant plus aucun poursuivant, ils font demi-tour et reviennent au secours de Wrench, qui se trouve en bien mauvaise posture.

Sur place, trois hommes tentent de le mettre à terre. Mais Wrench résiste comme une forteresse, bien que très mal en point.

Maya fonce sur l’un des assaillants. L’homme fait un vol plané avant de s’écraser contre un mur.

Pridourock sort son fusil et tire à bout portant.

Luis, de son côté, hacke le système du merc le plus coriace et lui fait littéralement frire le cerveau.

Ce dernier tente malgré tout de prendre la fuite en reprenant le véhicule volé.

Mais Luis, toujours à l’intérieur de son système, fait brutalement monter la température de son corps.

L’homme de main s’embrase.

Quelques secondes plus tard, il expire.

Pour la famille

Wrench avait encore dégusté lors du dernier accrochage. Il passa les trois jours suivants à récupérer parmi sa famille de nomades. A tant s’exposer ainsi au coups, un jour il y passerait. Le danger chez Wrench, c’est de perdre tout contrôle au moindre accroc sur sa camionnette. Ce véhicule, c’est semble t-il son honneur et sa vie. Et la dernière fusillade ne l’avait pas épargné.

De leur côté, Luis revendait au marché noir les armes récupérées sur le corps des assaillants, pour une somme chiche, mais partagée équitablement entre les membres du groupe.

Se retrouvant au chevet de Wrench, leur réunion est interrompue par l’arrivée de Teresa et Alina. Le moteur de la voiture s’éteint, Teresa descend la première, et se dirige vers Luis.

Luis, j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit la dernière fois. Et je voulais te dire que je comprends. commence t-elle.
Je sais que m’aider à retrouver les salauds qui ont tué ma fille ne vous rendra pas tous plus riche, et je comprendrais si tu ne veux pas m’aider.

Elle marque une pause.

ーMais Luis, reprend elle en s’approchant. Je pense qu’on est d’accord qu’il n’y a rien de plus sacré que la famille. Si on touche à la famille, on le paye. Chèrement. C’est des valeurs que tu connais bien, Luis, elle point le tatouage Valentino dépassant du bras du netrunner.

ーEt il y a 30 ans, j’avais moi aussi une vie où on partageait les mêmes valeurs.

Ces derniers mots interpellent Luis.

Teresa…une ancienne Valentina ?

Il lui pose la question.

Sa réponse est élusive:

ー Le passé, c’est le passé Luis. Ce qui compte pour moi c’est de venger ma fille, et je sais que tu me comprends. Je sais qu’un Valentino ne faillirait jamais à protéger sa famille.

Luis regarde Teresa, puis Alina, ses camarades enfin.

ー Teresa, je comprends tout à fait ce que la perte de ta fille est en train de te faire vivre. Chez les Valentinos, on y réfléchirait pas deux fois, la vie des salauds qui ont fait ça ne serait plus qu’un sursis où il n’aurait pas d’autres choix que de fuir éternellement. 

Il marque une pause à son tour.

ーMais tu dois comprendre aussi une chose: on n’aide pas pour rien. C’est la règle. 

Teresa sourit, sans surprise face à l’inflexibilité de l’edgerunner.

ー Je comprends Luis. Et je respecte ça. En ce qui me concerne, je n’ai malheureusement pas d’argent pour te payer. Mais il y a d’autres choses qui ont de la valeur. L’amitié en est une…Et si tu m’aides avec tes camarades à traquer les assassins de ma fille. Alors elle te sera acquise. 

Elle le fixe droit dans les yeux.

  Et tu sais, Luis, il y a des amitiés qui valent leur pesant d’eddies.

Luis sourit en coin.

ー Très bien, Teresa. On va t’aider. Si ton amitié a autant de valeur que tu le dis, alors j’ai une demande à te faire.

  Je t’écoute, lui répond-elle sans détour.

Luis pose son regard sur Alina, restée en retrait.

ー Alina a accès à Militech. J’aimerais que tu la convainques de nous aider à trouver un contact pour vendre des données biométriques fortement convoitées par Arasaka.
Il marque une pause.

ー Ces données valent cher. Très cher. Les vendre à la concurrence nous permettrait d’en tirer un bien meilleur prix.

Il reporte son attention sur Teresa.

  Si tu nous aides à convaincre Alina, alors notre soutien t’est acquis.

Teresa lui tend la main.

ー C’est entendu Je ne peux rien te promettre sur ce au’Alina peut faire, mais je vais faire de mon mieux. Merci Luis, j’ai du respect pour toi. 

Luis tend la sienne et ils se serrent la main.

Interrogée sur la possibilité de mettre les Edgerunners en relation avec Militech, Alina émet un avis mitigé.

ー Je suis déjà dans une situation précaire avec Militech. S’ils se rendent compte que je suis, de près ou de loin, liée à la fuite d’informations qui a acculé mon supérieur, je suis morte.

Elle secoue la tête.

ー Je ne peux pas vraiment intercéder personnellement dans cette affaire…Mais je peux vous donner des contacts qui pourraient être intéressés.

Luis acquiesce.

ー Tu tiens ta parole, et Teresa est là pour s’en assurer, ca me va.

Briefant les autres membres de l’équipe, Maya, Pridourock et Wrench approuvent. 

Ils se mettent en route, à la recherche du dernier maillon manquant: Cormak.
La résidence de ce dernier est connue: là où ils ont dérobé les SUV. Ensemble ils devisent leurs plans pour lui mettre la main dessus.

Maya propose d’aller prendre l’immeuble d’assaut. Wrench suggère une embuscade dans un lieu en dehors de la ville, près des champs de panneau solaire, dans une usine ou une ferme abandonnée.

Luis, de son côté, suggère une embuscade dans le Glen, où il pourrait obtenir le soutien des Valentinos pour aider à bloquer une rue.

Voulant faire les choses dans les règles, Luis contacte « Padre » Ibarra pour, en vérité, vérifier deux choses.

ー Padre,  il y a 30 ans, y avait il chez les Valentinos une femme, redoutable assassin, dont la technique de tuer s’apparente à une véritable boucherie ? Au nom de Teresa ?

« Padre » marque une longue pause avant de répondre

ー Ce dont tu me parles me rappelle quelque chose. Il y a plus de 30 ans, il y avait en effet un couple de sicaire qu’on appelait « les Bouchers » tant leur façon d’opérer laissait des corps sauvagement mutilés. C’était un frère et une soeur, lui on l’appelait « El Sombrero » et l’autre « Maria »… Mais de ce que j’en sais, un jour, Maria a été tuée par les Maelstrom lors d’une mission. Et son frère a disparu à peu près à la même époque. Mais c’est tout ce que je peux te dire sur ce sujet. Ca remonte à loin Luis.

La révélation de Padre est pour le moins troublante. Luis demande à Padre qu’il aide à trouver l’assassin de la fille de cette abuela mystérieuse et demande la permission de conduire le guet apens dans le Glen, avec le concours éventuels d’autres Valentinos.
Après réflexion, «Padre » répond:

ー Si ton affaire ne concerne pas les Valentinos, tu peux faire ce que tu veux et solliciter l’aide de membres de la famille. Mais…à la lumière de ce que tu me dis, si tu penses que cette femme est liée de près ou de loin aux Valentinos, alors ça devient autre chose. Et il faut voir avec Ortega…Je peux le consulter pour toi si tu le souhaites, mais cela risque de prendre quelques jours avant d’avoir une réponse.

Un temps que Luis sait qu’il n’a pas. Teresa ne pourra jamais attendre un jour de plus pour exercer sa vengeance.

ー J’ai un doute en effet sur le fait que cela pourrait concerner les Valentinos ou non. Je le ferais hors territoire.

Dans l’intervalle, les autres peaufinent leur plan.

Wrench a trouvé une usine en apparence désaffectée en dehors de la ville, au sud-ouest.

C’est là qu’ils attireront Cormak, en réactivant le système de sécurité du SUV volé que Luis était parvenu à neutraliser.

Sur place, le local est fermé par une lourde double porte, cadenassée par une chaîne. La sécurité, chiche, existe pourtant : une caméra pointe vers l’entrée.

Luis la pirate sans difficulté et découvre un modeste réseau de trois caméras.

Il les désactive en silence.

Pendant ce temps, Wrench arrache la chaîne d’un coup de ses bras-gorilles.

S’avançant à l’intérieur pour préparer leur embuscade, ils découvrent que l’endroit est un casse de voiture, équipé d’un broyeur et d’un bulldozer.

Ils sont soudain interrompus par un employé sortant du bâtiment principal.
L’homme s’approche en criant :

— Propriété privée ! Qu’est-ce que vous foutez là ? Vous êtes pas censés entrer ici ! Du vent, maintenant !

Pridourock s’avance, les bras ouverts, comme s’il retrouvait un vieil ami d’enfance.

— Ami ! Ami ! Moi venir pour faire affaire ! Beaucoup d’argent pour toi et moi ! Alors ?

Dubitatif, l’homme mord pourtant à l’hameçon avec prudence.

— Du business, hein ? Et qu’est-ce que tu as à me proposer ?

Pridourock enchaîne :

— Beaucoup d’argent tu peux avoir. Moi apporter bon matériel pour toi et faire beaucoup de sous.

L’homme penche la tête sur le côté.

— Oui, d’accord, de l’argent… mais contre quoi ? Tu veux quoi ?

— Mais moi vouloir le meilleur, mon ami. Je te paye et tu me donnes ce que tu as de mieux. On est là pour les affaires.

L’employé perd patience.

— Bon, je comprends rien à ce que tu veux, mais si tu veux faire affaire, tu payes d’abord et après je te donne ce que tu demandes… si c’est dans mes cordes. Mais d’abord, fais voir les sous.
Pridourock, un peu décontenancé, tente de reprendre :

— Ah mais attends, tovaritch, moi pas donner argent comme ça avant d’avoir vu…

Excédé, l’homme met fin à la discussion.

— Bon, il est clair que vous me faites perdre mon temps. Vous l’aurez voulu. J’appelle le patron et il va vous dégager vite fait !

Pendant que ses yeux brillent d’une lueur bleue clignotante, le sol est pris de soudains tremblements.

Wrench, excédé lui aussi, fonce sur l’homme, le poing brandi, et frappe avec une telle force que l’employé vole vingt mètres en arrière.

Pridourock proteste.

Le pauvre homme à terre est à l’agonie.

De dépit, Pridourock met fin à ses souffrances d’un coup de fusil.

— Pourquoi t’as fait ça ? Moi avoir bonne discussion pour affaire avec nouvel ami ! dit il à Wrench.

Ce dernier, ignorant le rocker, se dirige vers le corps de l’employé et lui arrache la tête pour l’empaler sur le levier de vitesse du bulldozer qu’il ne parvient pas à démarrer…

Sa crise semble alors s’atténuer.

La violence soudaine de leur camarade trouble un instant Luis et Maya.

Mais l’heure n’est pas aux états d’âme.
Ils arrêtent leurs positions et réactivent le système de sécurité du SUV.

Maya et Luis se postent sur le toit.

Wrench et Pridourock se dissimulent parmi les carcasses. Teresa et Alina se mettent à l’abri à l’intérieur du bâtiment principal.

Et dans le même temps, le système de sécurité du SUV est réactivé.

Moins d’une heure plus tard, un nuage de poussière s’élève à l’horizon, sur la seule route menant au casse.

Le casse de véhicules - Frag Maps https://www.patreon.com/fragmaps

Le patron de l’employé ? Cormak ?

Maya annonce qu’elle voit arriver cinq personnes.

Ils se séparent en deux groupes.

Ils se méfient.

Et à raison.

Entrant par les versants ouest et est, Cormak et une edgerunner pénètrent dans le casse.

Un déluge de feu s’ensuit.

Maya tire sur Cormak et le touche sérieusement à l’épaule.
Wrench fonce au corps à corps, tandis que Pridourock décharge son fusil à canon scié sur l’edgerunner, qui s’effondre sans avoir eu le temps de réagir.

Un deuxième edgerunner pénètre dans le casse et ouvre le feu.

Wrench et Pridourock essuient plusieurs tirs. Ce dernier se met à couvert.

Wrench déchaîne ses bras-gorilles sur Cormak, qui réplique.

ーMais qu’est ce que vous me voulez putain de merde! hurle Cormak.

Le nomade commence à saigner du visage.

Maya tire un autre coup qui atteint l’edgerunner.

Dans le même temps, à l’intérieur du local, Teresa est aux prises avec deux edgerunners qui vident leurs chargeurs sur elle à bout portant.

Luis court-circuite l’un d’eux, mettant ses cheveux en feu et lui faisant perdre l’équilibre.

Les coups et les tirs pleuvent.

La décharge bruyante du fusil de Pridourock perfore le bassin de la deuxième edgerunner, qui s’effondre en regardant, hébétée, ses tripes se déverser sur le sol.

Maya tourne son fusil vers la fenêtre donnant sur le local en contrebas et fait exploser la tête du deuxième agresseur de Teresa.

Celle-ci se précipite alors dehors en hurlant :

— Ne le tuez pas ! Laissez-le-moi !

Conscient de sa position précaire, Cormak tente de s’enfuir.

Le visage de Teresa se fige, comme si l’évocation de ce nom rouvrait une blessure du passé.

— Tu vas crever de toute façon. Peu importe que tu n’aies pas tiré le coup de feu qui a tué ma fille. Tu y as participé et tu mérites ce qui va t’arriver !

Cormak supplie.

Luis pose sa main sur le bras de Teresa.

— Attends, Teresa. Attends.

Il s’accroupit près de Cormak, le visage en sang, le nez cassé et le corps criblé de blessures par balles.

— Tu veux vivre, Cormak ? À combien estimes-tu ta vie ?

Une lueur d’espoir semble naître dans le regard du condamné.

— Dis-moi ton prix et il sera le tien.

— Cent mille eddies, répond sèchement Luis.

Cormak prend une mine déconfite.

La somme est irréelle.

Exorbitante.

Il en rit.

— Je vais te dire un truc… Tu verras jamais ton argent. Tu finiras dans un trou et on jettera ton corps dans une décharge…

Cormak se sait perdu. Il décharge son désespoir et sa rage de finir ainsi sur Luis qui, ne l’écoutant même pas, se relève et dit à Teresa :

— Il est à toi. Fais-en ce que tu veux.

Un coup de feu retentit.

La tête de Cormak éclate en une bouillie sanglante.

Son rire s’interrompt net.

 

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