Blog sur le JDR, la littérature fantastique, des portraits de rôlistes, par un rôliste français vivant au Japon
13 Mai 2026
Avant toute chose, je vous invite à découvrir le jeu Our Brilliant Ruin avec l'article dédié sur le blog.
Voici le récit de notre première séance du scénario d'introduction de Our Brilliant Ruin - Fortunes Turn at Crowscroft Manor - où une jeune aristocrate de la prestigieuse famille Astus-Willough hérite d'un manoir laissé à l'abandon, et où quelque chose semble encore respirer derrière les murs.
Si vous êtes sur le point de jouer une table Our Brilliant Ruin avec ce scénario, épargnez vous les spoilers et passez votre chemin.
Les autres, profitez bien.
La jeune Lady Moira, dans sa chambre de la résidence Astus-Willough de Gradhurst, est convoquée par un exécutant testamentaire du Piedmont Accord dans le grand bureau du rez de chaussée.
D’abord un peu contrie d’être convoquée chez elle par une personne extérieure à la famille, elle voit enfin ses désirs prendre forme. Sa grande tante Valeska lui a transmis par donation anticipée la propriété pleine et entière de son manoir de Crowscroft, à 5 jours de voyage en voiture de Gradhurst.
En complément il lui est demandé d’ouvrir une lettre cachetée écrite par Rupert Astus-Willough, le chef de la famille Astus-Willough, lui donnant mandat de remettre en ordre le manoir et de rendre la famille fière.
Willard, dans un atelier de “recherche”, est à son tour convoqué par l’exécutant. Il se voit remettre une lettre similaire cachetée, où Rupert lui intime d’accompagner sa cousine Moira afin de lui prodiguer ses conseils avisés, et de s’assurer que tout se passe bien.
Dans la propriété, la nouvelle a déjà fuité parmi le personnel.
Faustine, une jeune femme de ménage, tente de compter fleurette avec Faust Renald, le chauffeur de Lady Moira. Elle lui confie qu’il est fort probable qu’il parte accompagner Lady Moira dans sa nouvelle propriété, ce qui semble l’attrister ouvertement.
Faust, lui, toujours souriant et de bonne humeur, accueille la nouvelle avec entrain et s’attelle à préparer la voiture.
Roselyne, rangeant la chambre de Lady Moira, se voit donner l’ordre par cette dernière de préparer les bagages pour un déménagement vers Crowscroft. Il lui est indiqué également qu’elle fera partie du voyage.
Après consultation avec l’intendant général au sujet du personnel susceptible de l’accompagner, Lady Moira doit se contenter, hélas, de son chauffeur, de sa servante personnelle et de son cousin Willard. Tout le reste du personnel devra être recruté localement et entièrement à ses frais.
Roselyne, chanteuse le soir dans des cabarets, révèle à Evelyne son départ prochain pour Crowscroft. Cette dernière y voit une opportunité pour son amie de se faire davantage remarquer auprès de l’aristocratie et qui sait, peut être d’obtenir un jour une place au Peacock’s Feast, cette guilde d'artistes se produisant dans les plus grands bals du pays?
Après un voyage sans encombre, mais rendu bien plus lourd par une remorque chargée du matériel d’atelier de Willard, ils arrivent enfin à Crowscroft, dont l’extérieur révèle un état de délabrement très avancé.
Faust et Roselyne sont les premiers à pénétrer dans la propriété, où ils sont accueillis par Maeve Hulme, la majordome établie dans le manoir depuis cinq ans par la Glove & Key League.
Si l’extérieur laissait déjà à désirer, l’intérieur révèle des préoccupations bien plus grandes encore : poussière accumulée, boiseries mangées par les mites, toiles d’araignée dans chaque recoin… et une persistante odeur d’égout flotte dans l’air du manoir tout entier.
À l’extérieur, Lady Moira et Willard font le tour du propriétaire. Willard, soucieux de constater si des traces de Ruin sont détectables, scrute les murs de plus près.
Soudain, un bruit sourd retentit depuis l’intérieur du manoir.
Des coups réguliers, étouffés. Comme si quelqu’un, enfermé quelque part, frappait une cloison métallique pour signaler sa présence.
Willard s’immobilise.
Il blêmit.
Lady Moira, s’impatientant, demande à Willard de l’accompagner à l’intérieur du manoir, Faust et Roselyne prenant décidément beaucoup trop de temps.
Willard proteste :
“On ne va pas dormir ici tout de même ce soir… si ??”
Passablement agacée, Lady Moira réprimande son cousin en lui demandant de se comporter comme une personne digne de son rang, et de l’accompagner pronto à l’intérieur du manoir.
Roselyne s’occupe d’ouvrir les chambres, Faust de dégager le garage rempli d’ordures et d’un véhicule laissé à l’abandon et hors d’usage.
Tandis que Moira fait l’état des lieux de la propriété avec Maeve, le constat devient rapidement évident : le manoir a besoin d’être intégralement rénové. La toiture, la boiserie, le renouvellement de la literie… mais la réparation de la citerne, celle-ci privant actuellement la propriété d’eau courante, demeure la plus grande priorité.
Willard tente bien d’intervenir lui-même sur la citerne… mais ne fait qu’aggraver une avarie déjà béante.
Maeve mentionne également que des bruits sourds résonnent parfois dans la propriété, sans jamais avoir réussi à en déterminer l’origine.
Sans doute un problème de canalisation persistant ?
Roselyne, ouvrant les fenêtres dans chaque pièce pour tenter d’aérer le manoir, bute sur une chambre de l’aile droite dont la porte tordue refuse de s’ouvrir.
Tentant d’examiner l’encadrement afin de détecter un éventuel blocage, elle se penche pour observer de plus près… puis se fige soudainement, reculant de quelques pas, un frisson lui parcourant l’échine.
Sur le rebord de la porte, des traces de doigts ont profondément griffé le bois.
Des marques d’ongles.
Comme si quelqu’un, enfermé à l’intérieur, avait tenté de fuir la pièce pendant que la porte se refermait sur lui.
Gardant pour elle cette découverte, Roselyne laisse la porte telle quelle et part s’occuper des autres pièces.
Willard, de son côté, après son entreprise ratée de réparation de la citerne, se cherche une pièce pour y établir son atelier.
Lady Moira, confrontée au problème de l’alimentation en eau, explore les options.
Roselyne propose d’aller voir une enclave de unbonded établie sur la côte à une journée de marche, où, dit-on, ils auraient mis la main sur un Syllokinetics transformant l’eau de mer en eau fraîche, pouvant par là même fournir le manoir en eau potable.
La guilde des Rivets & Bellows Union, présente dans le village de Crowscroft, peut fournir les ouvriers nécessaires à une remise à neuf complète, moyennant une forte somme d’argent.
Lady Moira mandate Roselyne d’aller voir cette enclave afin de découvrir ce qui peut en être obtenu.
Elle obtient un accord fragile, moyennant un prix raisonnable pour l’alimentation en eau pour une période de six mois renouvelable. En retour, Roselyne doit fournir secrètement l’enclave en armes et en métal en se servant dans les réserves du futur manoir rénové.
Lady Moira écarte l’option, ne souhaitant pas devenir dépendante d’une faction peu recommandable.
Elle choisit d’utiliser un contact de la famille auprès de l’Union pour négocier un tarif préférentiel, ce à quoi elle parvient laborieusement, mais à un coût plus réduit qu’escompté.
La majordome Maeve, ayant rempli sa mission, demande à Moira si elle souhaite la garder à la propriété, ou si elle préfère la congédier, son contrat arrivant à échéance et ne pouvant être renouvelé que par le nouveau propriétaire.
Moira, confiante en l’enthousiasme et la persévérance de Maeve, restée cinq ans seule dans la propriété, décide de la garder.
Elle propose alors à Lady Moira de laisser des cartes de visite aux voisins pour annoncer sa venue.
Ce qu’elle fait.
Le lendemain, des cartes de visite des familles Granville et Valgreave sont apportées au manoir Crowscroft.
Intrigué par la chambre scellée de l’étage, Faust tente d’y accéder par le balcon.
Après une première tentative ratée, Roselyne aide Faust à empiler des caisses pour faciliter l’accès.
Sur le balcon, Faust constate immédiatement les fragments de verre brisés et la porte vitrée fracassée, lui permettant d’entrer sans difficulté.
Lorsque Faust franchit le balcon, il comprend immédiatement pourquoi cette chambre est restée close.
La grande fenêtre donnant sur l’extérieur est brisée, plusieurs éclats de verre encore pris dans le châssis. Le reste du vitrage s’est effondré depuis longtemps sur le plancher, où les fragments ternis sont presque noyés sous une épaisse couche de poussière.
La chambre est spacieuse, sans doute l’une des plus belles du manoir d’autrefois.
Mais aujourd’hui, elle semble figée dans le souvenir d’un événement violent.
Les meubles sont renversés dans tous les sens.
Un lourd lit à baldaquin se trouve contre le mur opposé au balcon, mais le matelas est déchiré et les draps pendent au sol.
Une commode massive a été poussée contre un mur, ses tiroirs arrachés et dispersés.
Plusieurs chaises brisées gisent près de la fenêtre, comme si quelqu’un avait tenté de bloquer ou retenir quelque chose.
La poussière recouvre presque tout… sauf certaines zones du parquet.
Là, des marques profondes et irrégulières rayent le bois, comme si des meubles avaient été violemment déplacés ou traînés.
Il comprend également que la pièce n’a pas été barricadée pour empêcher quelqu’un d’entrer, mais pour empêcher quelque chose de sortir.