Senior Rôliste

Blog sur le JDR, la littérature fantastique, des portraits de rôlistes, par un rôliste français vivant au Japon

Récit de partie Cyberpunk: Pour 500 eddies...

Avertissement: le scénario joué est celui du kit de mission d'Edgerunners, si vous n'y avez pas joué mais que vous comptez le faire, ce récit contient de nombreux spoilers.

Luis Peralez a une règle.
Une seule.
Un contrat se respecte.

Même à Night City.

Le Red Dirt Bar, un soir à Night City.
Luis Peralez, ancien Valentino, maintenant cybermerc à son compte, boit doucement une tequila en compagnie de Maya.

Colorée, chromée, un peu déjantée, elle ne boit que de l’eau et mâchouille en permanence un chewing gum verdâtre qu’elle n’a jamais jeté. Au mieux, elle le colle quelques secondes sur une table, une chaise ou le bout de sa chaussure, avant de le remettre dans sa bouche.

Elle a la bougeotte, elle attend cet appel dont Luis lui a parlé.

- Un gig sérieux d’un fixer connu on m’a dit…soupire t-il.

- Tu veux pas arrêter de gigoter comme ça? Dit il en se tournant vers Maya.

Le bar crache un vieux tube des Samurai, baignant la salle dans une ambiance feutrée, saturée de néons rouges.

L’holophone de Luis sonne. C’est Regina Jones, une fixer bien connue de Watson.

« Luis Peralez? Ici Regina Jones. On m’a dit que toi et ton équipe seraient compétents pour ce gig, alors voilà de quoi il s’agit: un corpo nommé Roger Kynard a perdu une puce de données contenant des informations sensibles dans un Brooklyn Barista de Northside, appelé le Bouncing Benny’s. Récupérez la puce avec ton équipe, puis remettez la à Kynard.
Il vous attendra sur un parking à Rancho Coronado.
D’après mes sources, le propriétaire du bar compte revendre la puce demain matin, ça doit être réglé cette nuit.
Elles indiquent aussi que l’endroit le plus probable où elle est planquée c’est le coffre du bureau à l’arrière. Récupérez la, livrez la, et je vous enverrai 500 eddies chacun dès que Kynard confirmera la réception. Ne me décevez pas.
 »

Le gig est pris. 
A ce moment là, un homme de grande taille, à la masse musculaire franchement disproportionnée, se dirige vers Maya. Luis se tend instinctivement. 

La carrure est massive. Le fusil, énorme, est bien visible. Mauvais signe.

Mais Maya se retourne et le salue 

« Salut Wrench. »

Elle désigne Luis d’un geste.

« Je te présente mon associé Luis. Luis, voilà mon choom Wrench, il va nous filer un coup de main. »

Elle marque un temps, puis ajoute avec un sourire en coin:

«  En plus il a une caisse, ça va carrément aider »

Luis observe la brute, puis Maya. Il acquiesce et s’adresse à Wrench:

« Le boulot se situe à Northside, il s’agit de récupérer en douce une puce de données. 500 eddies par tête, ça te va ? »

La brute hausse les épaules.

« Moi je vais là où va Maya. Point ».

L’adresse de l’endroit est connu. Un gig qui devrait être facile se dit Luis.
Mais sur place, l’entrée est barrée par un membre des Maelstrom. 

Un gang dont les membres ont depuis longtemps cessé de ressembler à des humains. Les modifications couvrent leur corps, envahissent leurs visages, jusqu’à donner l’aspect d’un faciès d’araignée bardée d’yeux artificiels.

« Soirée privée, c’est fermé » dit il de sa voix métallique.

L’équipe n’insiste pas, le Maelstrom est lourdement armé, et l’individu semble particulièrement instable. Ils optent pour un contournement à l’arrière.

Luis repère aussitôt une caméra. Il la pirate à distance, inverse son champ de vision, et leur ouvre une fenêtre pour approcher discrètement la porte de service.

Celle ci ne résiste pas aux bras puissants de Wrench, équipé de bras gorilles lui conférant une force surhumaine.

A l’intérieur, fort heureusement, un concert est en cours. L’arrachement de la porte passe inaperçu, couvert par la musique. 

Un garde, au fond du couloir, leur tourne le dos. 

Maya, trépignant, déploie les lames affutées intégrées dans son bras, telle une mante religieuse prête à découper sa proie. L’équipe est sur ses gardes: la moindre imprudence peut déclencher un bain de sang.

Luis pénètre dans le bureau et commence à fouiller, laissant Maya et Wrench inspecter la pièce en face.

Mais rien.

Dans le bureau, le coffre, bien en évidence, ne contient rien d’intéressant. Pas même un eddie.

« 500 eddies, pas le moment de se planter… » se dit Luis, dont les finances tirent dangereusement sur la corde.

Un message de Maya « Luis, j’ai trouvé. Ramène toi. »

Se glissant discrètement d’une pièce à l’autre, il la rejoint. Maya est extatique. Elle brandit une puce de données, enfermée dans une enveloppe plastique transparente. Elle était dissimulée dans un cache, sous une dalle.

« Preem. » Luis inspire profondément.

« On se casse en douce et on rapporte ça au client, la nuit est déjà bien avancée, on se presse. »

Ils ressortent aussi furtivement qu’ils sont entrés. A l’arrière du bâtiment, Maya remarque une moto garée à l’écart. 

Elle tourne autour quelques secondes, puis, sans prévenir, pète un câble. Sa lame Mantis jaillit et elle lacère les pneus. Les roues s’affaissent dans un sifflement sec. 

« Putain ,Maya, c’est quoi ton délire là ? » lance Wrench.

Maya hausse les épaules, 

« Ca me fait du bien » lui répond-elle en se dirigeant vers la camionnette. 

Luis lève les yeux au ciel et presse le pas. 

A Night City, ce genre de connerie finit rarement bien.

La puce de données entre leurs mains, ils mettent le cap sur le parking de Rancho Coronado indiqué par Regina.

« Complications »

En arrivant sur place, Luis voit un flingue braqué par un corpo bien habillé sur la tête du client, Roger Kynard.

Wrench n’opte pas pour la discrétion et gare sa camionnette nonchalamment sur le parking.

L’équipe sort de la voiture et s’approche.

Roger, les ayant repérés, leur crie:

« C’est vous les gars que le fixer a envoyés ? Débarrassez moi de ces gonks que je puisse vous payer! »

L’homme en face de lui esquisse un sourire narquois. Il se tourne vers eux.

« Je vous paye le double de ce que Roger vous offre. Vous me donnez la puce, et vous rentrez chez vous bien sagement. Vous en pensez quoi choombas ? »

Roger explose, lâchant au passage des détails bien trop intimes sur cette histoire.

Luis ne réfléchit pas. 

Un contrat se respecte.

Se tournant vers le corpo, il lance son ultimatum. 

« Voilà mon offre: tu te casses avec tes gars, là, tout de suite. Si tu te souviens encore de cette nuit demain matin, c’est que tu as fait le bon choix. »

Le corpo, confiant d’être entouré de ses hommes, ne se laisse pas démonter.

« Tuez moi ces gonks vous autres et prenez-leur la puce ! »

Tout s’enchaîne rapidement. 

Tandis que les autres corpos dégainent leurs armes, Maya bondit du toit d’un véhicule et en lacère un mortellement.

Un autre se met à hurler, les mains crispées sur sa tête. De la fumée s’échappe de ses oreilles, comme si un feu venait de s’allumer dans son crâne. 

Wrench dégaine son fusil d’assaut et balaie la zone. Deux corpos tombent presque aussitôt, fauchés, s’effondrant dans une mare de sang.

Le chef des corpos est acculé. 

Luis s’avance vers lui. Des tirs claquent, mais les balles passent à côté. 

Le corpo hurle à son tour. Sa tête fume, la douleur monte encore. Luis est maintenant à sa hauteur. Flingue en main.

« Ok…Ok choom, on se calme ok, j’ai perdu, je reconnais, laissez-moi partir et je vous jure, je dirais rien, je ferais rien… »

Luis ne le laisse pas finir. Il braque l’arme devant son visage. 

« Je suis pas ton choom ». 

Le coup part. 

Le corpo s’affale.

500 eddies en une nuit.
Une petite fête au Cloud s’impose.

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